Historique

HISTORIQUE DES STUDIOS

L’origine du cinéma à Nice remonte à 1908, lorsque Pathé y installe son Studio de la route de Turin, avec le cinéaste Alfred Machin, puis Gaumont, en 1914, avec ses Studios de Carras, avec les cinéastes Léonce Perret puis Louis Feuillade.

En 1919, Louis Nalpas et Serge Sandberg créent la société Ciné Studio et achète un domaine de 7 hectares, propriété du Prince d’Essling à laquelle la nièce, Victoire, avait donné son nom.

Ainsi naissent les «STUDIOS DE LA VICTORINE». Immédiatement, ils accueillent des films tels que «La Montée vers l’Acropole» de René Le Somptier, ou apportent leurs prestations de services, comme pour le film «La Roue» d’Abel Gance.

Mais en 1921, Serge Sandberg se lasse de la lourde gestion des Studios et Louis Nalpas nomme René Navarre directeur, avant de partir à New-York. Les Studios de la Victorine déclinent, puis ferment en 1923.

A cette date, ils sont vendus à Denis Ricaud, jusqu’en 1924 où, un an à peine après leur acquisition, ils sont revendus à la société des Films Legrand.

C’est le géant américain Rex Ingram qui donnera un nouveau souffle aux Studios de La Victorine, en s’y installant en 1925. Co-propriétaire, il y tourne ses films, dont «Mare Nostrum» et crée en 1927, avec Léonce Perret, la société Franco-Films. Rex Ingram dirigera les Studios jusqu’en 1932, puis quittera la France en 1934.

L’apparition du parlant en 1928 nécessite d’importants travaux d’insonorisation. A la suite, la crise mondiale de 1929 frappe de plein fouet l’industrie du cinéma. Pourtant, les Studios accueilleront des films comme «Shérazade» et «Le Diable Blanc» d’Alexandre Volkof.

En 1930, la société Franco-Films fusionne avec la société Aubert pour devenir Studios Aubert Franco Films de la Victorine ; puis s’associe en 1932 avec Gaumont pour devenir la Gaumont Franco Films Aubert, qui déposera son bilan sept ans plus tard.

En 1940, les Studios sont gérés par la Société d’Exploitation des Studios de la Côte d’Azur (Sesca) qui rénove quatre grands plateaux et la centrale électrique. Abel Gance revient y tourner «La Vénus Aveugle», avec Viviane Romance, et Marcel Carné y tournera un peu plus tard «Les Visiteurs du Soir».

En 1942, un accord est signé entre le Comité d’Organisation de l’Industrie Cinématographique (Coic) et la Société Cinématographique Méditerranéenne d’Exploitation (Cimex) dont 60% des parts sont détenus par les Studios Cinécitta.

Mais l’activité des Studios est ralentie par la guerre, puis totalement stoppée, fin 1943, lorsque Nice est occupée par l’armée allemande, interrompant des films tels que «Les Enfants du Paradis» de Marcel Carné ou «La Boîte aux Rêves» de Jean Choux et Yves Allégret, qui seront terminés en 1944.

En 1945, à la libération de Nice, deux grands plateaux insonorisés sont détruits par un incendie, dont un seul est reconstruit. Dès lors, l’activité des Studios alterne périodes fastes et longs mois d’inaction.

En 1950, la Cimex devient la Société Cinématographique des Studios de la Victorine (Sovic).

En 1960, la Ville de Nice devient propriétaire des terrains et les déclare d’utilité publique, afin de les préserver des promoteurs immobiliers.

Les années 1960 marquent le début de la «nouvelle vague» où les décors extérieurs et naturels sont préférés aux décors en studios. Heureusement, des réalisateurs tels que Peter Ustinov construisent encore aux Studios 64000 m² de décors pour «Lady L», décors transformés plus tard pour «La Folle de Chaillot» de Bryan Forbes ou «La Nuit Américaine» de François Truffaut.

L’année 1965 voit la réfection, la modernisation et l’insonorisation de trois plateaux sur six. Ce qui permettra le tournage de nombreux films.

Hélas, en 1970, les trois plateaux insonorisés sont détruits par un incendie ; ils seront remplacés par un grand plateau de 1270 m² qui devient l’aire de tournage le plus moderne de France. A cette époque, il s’y tourne «Le Viager» de Pierre Tchernia, «La Nuit Américaine» de François Truffaut, ou «Les Seins de Glace» de Georges Lautner.

En 1975, la Sovic cède la gestion à la société Victorine Studios.

Les années 80 voient la diversification de ses activités par la réalisation de séries télévisées et de téléfilms, de films ou photos publicitaires et l’organisation de conventions…

En 1982,  la société Victorine Studios est expulsée par la Municipalité et la reprise du flambeau est assurée en 1983 par la société La Victorine Côte d’Azur. C’est un véritable renouveau marqué par l’accueil du film «Joyeuses Pâques» de Georges Lautner, en 1984.

En 1986, Les Studios de la Victorine concurrencent les Studios Cinécitta de Rome ou ceux de Pine Wood à Londres. Joël et Michaël Douglas, fils de Kirk Douglas, louent le pavillon de La Victorine et une grande partie des Studios se tournant, comme l’avait fait leur prédécesseur Rex Ingram, vers les productions américaines. Il s’y tourne «Le Diamant du Nil» de Lewis Teague ou «Under the Cherry Moon» de Prince.

En 1992, la société Victorine Côte d’Azur cède son bail à la société Financière Victorine SA.

En 1995, suite à la liquidation judiciaire de la Financière Victorine SA, la Samipa reprend la gestion des Studios et crée la société La Victorine SA.

En 1997, la Ville de Nice, en conflit avec la Samipa, fait paraître une annonce pour la reprise de la gestion des Studios.

Depuis 1999, le groupe Euro Media est en charge des Studios, rebaptisés «Studios Riviera»,  le nom de «Studios de la Victorine» ne pouvant pas être utilisé.